Ensemble #54 | Juvisy Mag | Juin 2026
23 • Ensemble #54 • Juin 2026 Acte fondateur de la Résistance intérieure et extérieure, l’Appel du 18 juin 1940 prononcé par le Général de Gaulle offrait à quelques-uns le courage de se battre et de ne pas se résigner. Chaque année, aux côtés des anciens combattants et des amis du Général de Gaulle, Juvisy célèbre fidèlement cet évènement majeur de l’Histoire de France. Madame le Maire nous explique pourquoi, 86 ans plus tard, ce message radiophonique reste étonnement moderne. Commémoration de l’Appel du 18 juin Ensemble : Vous êtes particulièrement attachée à ce que d’aucuns appellent « le devoir de mémoire » ainsi qu’aux cérémonies commémoratives. Pouvez- vous nous expliquer ce que le 18 juin apporte de plus que le 8 mai pour évoquer la Seconde Guerre mondiale ? Lamia Bensarsa Reda : Je tiens d’abord à dire que je suis assez partagée sur ce que l’on appelle « le devoir de mémoire », car je trouve cette expression un peu floue. Je préfère parler de transmission de l’Histoire, des faits historiques et des témoignages, car c’est davantage un engagement sur le long terme qu’une formule consacrée. Je suis en effet très attachée aux commémorations, car elles font partie non seulement des plus belles missions qu’un maire ait à exercer, mais elles sont aussi un moyen très vivant de transmettre la mémoire comme un lègue précieux. Quant à l’Appel du 18 juin, il est à mon sens l’une des plus belles expressions des principes qui ont fait de la France ce qu’elle est et qui, je l’espère, restera. Qu’on le veuille ou non, l’Appel du 18 juin est non seulement un rayon de lumière dans les ténèbres qui venaient de s’abattre sur la France en juin 1940, mais c’est aussi une sorte de feuille de route pour aller vers le pays démocratique dans lequel nous vivons aujourd’hui. Le 18 juin est l’appel d’un individu qui fut aussi un homme politique. Cette commémoration s’adresse-t-elle vraiment a tout le monde ou aux seuls gaullistes ? Lamia Bensarsa Reda : Aujourd’hui, et c’est assez comique, tout le monde se réclame du Général de Gaulle, même les héritiers de ceux qui, de son vivant, n’ont eu de cesse de lui prêter des arrière-pensées de dictateur… Charles de Gaulle haïssait les appareils politiques. Il parlait d’abord aux Français, d’où qu’ils viennent, sans leur demander de prendre une carte d’adhésion à un parti ! Contrairement à certains qui n’ont pas disparu aujourd’hui, son seul parti était celui de la France. En tant que Maire, donc représentante de l’État, pensez-vous que ce dernier doive faire l’acquisition de La Boisserie, la résidence du Général qui sera bientôt en vente ? Lamia Bensarsa Reda : Je veux d’abord répondre en tant que Française, attachée viscéralementànotrehistoire.Lelendemain de la mort du Général, le 9 novembre 1970, Yvonne de Gaulle a respecté à la lettre les volontés de son mari en brûlant ce qui aurait pu devenir des reliques. Fidèle à cet esprit louable d’humilité, je ne pense pas qu’il aurait aimé que sa demeure devienne un mausolée, mais La Boisserie, qu’on le veuille ou non, c’est un monument historique qui échappe aux vivants. Je ne juge pas les héritiers qui souhaitent se séparer de leur bien, car je sais à quel point cet héritage doit être lourd à porter, mais la maison du Général était son port après la tempête, son havre de paix où il écrivit ses plus beaux textes en pensant à la France. La Boisserie est indéfectiblement liée à l’œuvre du Général, de facto à la France, et comme telle, elle doit rester un patrimoine national. Commemoration de l’Appel du 18 juin 1940 Jeudi 18 juin a 18h devant la stele du General de Gaulle, impasse Blaise Pascal + d’infos : 01 69 12 50 56
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